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Lundi 17 janvier 2000

Plus qu’une semaine ! Aujourd’hui c’est le Martin Luther King Jr’s Day, jour férié en l’honneur du célèbre personnage qui a milité pour les droits des Noirs aux États-Unis dans les années soixante. Je passe une matinée tranquille dans l’auberge où je commence à préparer mon futur itinéraire. Confortablement installé au coin du poêle, je dévore le guide de voyage comme un véritable roman. Mais de tout ceci, j’en ai déjà longuement parlé, et j’y reviendrai également dans quelques jours lorsque je serai sur place.

Après être resté une bonne partie de l’après-midi à la bibliothèque, je vais rendre visite à Valérie, la jeune fille d’origine africaine connue lors de mon premier séjour. Elle habite maintenant dans un appartement qu’elle loue avec Mickael, lui aussi rencontré il y a quelques semaines. Cela n’a pas semblé très dur pour eux de trouver cette location dans le petit immeuble d’un unique étage situé à deux blocs de l’auberge. Il est vrai que nous sommes assez loin de downtown, et trouver un appartement là-bas aurait sans doute été plus difficile vu que le centre est composé en grande partie de bureaux. Nous allons boire un verre dans un bar branché pas très loin de notre quartier, le Brasil, où un concert de musique techno/acid-jazz assez spécial est organisé par des jeunes...

Mardi 18 janvier 2000

En me rendant à la University of Houston, je constate que c’est la rentrée universitaire. Je comprends mieux maintenant pourquoi toutes les bibliothèques n’étaient pas ouvertes pendant les fêtes, et d’où viennent tous les changements constatés : il s’agit d’une vraie rentrée. Ce n’est pas seulement un retour de vacances, mais une nouvelle période qui commence. L’année est ainsi découpée en deux semestres (automne et printemps), avec des coupures assez importantes entre les deux pour les examens et les vacances. Beaucoup d’étudiants vont et viennent dans les allées et les ordinateurs de la bibliothèque sont littéralement pris d’assaut ! Je retourne à la Rice University où je suis assuré d’avoir un poste...

Mercredi 19 janvier 2000

Journée à la bibliothèque municipale en ville où je peaufine le tracé de mon itinéraire, m’aidant pour cela des guides de voyage disponibles sur place. Ils sont nombreux et dans certains je trouve des indications de prix assez précises que je relève soigneusement, car mon guide français ne veut pas se risquer à cet exercice périlleux pourtant extrêmement utile. Cependant, je ne lui en tiens pas encore rigueur, car je lui fais entièrement confiance ! Je vais tenter de changer quelques dollars contre des sucres, la monnaie équatorienne, mais la casa de cambio (un bureau de change) ne m’en donnerait que dix-sept mille cinq cents le billet vert, alors que le taux « officiel » est de vingt-cinq mille d’après les sites Internet consultés qui donnent les cours de nombreuses devises en temps réel. Merci le Web et les bibliothèques...

Jeudi 20 janvier 2000

Je continue le tracé de mon futur itinéraire et le relevé des prix qui me permettent d’établir un budget correct pour les deux mois suivants. Je prévois quelques excursions, les hauts lieux historiques que je vais visiter, les routes que je vais emprunter, le nombre de jours où je resterai dans chaque endroit, et je prie pour que les prix n’aient pas flambé en quelques mois ! Je ne le sais pas encore, mais je suis, à mon corps défendant, en train de travailler à faire mentir Gide quand il écrit1 : « L’inconvénient d’un voyage trop bien préparé, c’est de ne laisser plus assez de place à l’aventure. » En effet, c’est la première fois que j’aurais apprêté aussi minutieusement mon voyage, et c’est pourtant celui qui m’aura réservé le plus de surprises ! À l’opposé, on peut toujours dire que si l’on n’a rien préparé, on aura forcément aucun imprévu, puisque aucune attente...

Ce midi, je déjeune au Subway, dans un de ces fast-foods où j’avais dégusté un excellent sandwich au poulet et à la sauce épicée à Los Angeles. Bon, aujourd’hui c’est un peu moins bon, mais cela reste agréable et surtout, j’ai conservé de ce repas une pièce typiquement américaine que l’on n’est pas prêt de voir apparaître en France. Il s’agit de la serviette en papier fournie avec mon casse-croûte, sur laquelle Subway compare ses burgers à ceux de ses deux concurrents que sont McDonald’s et Burger King. Le nerf de la guerre ? Les taux de graisse et de cholestérol contenus dans ces raffinements de l’art culinaire américain. Les conclusions de la serviette publicitaire ? Eh bien, tout simplement, il vaut mieux manger chez eux que chez les concurrents ! Le Big Mac ou le Whopper contiendraient cinq à six fois plus de graisses et trois à quatre fois plus de cholestérol que chacun des sandwichs de Subway (d’après les informations communiquées par chaque fast-food). Tout cela est bien expliqué, chiffres à l’appui, sur la « serviette-pub »...

Vendredi 21 janvier 2000

Je termine l’élaboration de mon plan de route. J’en profite pour calculer le nombre de miles que j’ai parcourus à bord de ces fichus bus américains ! Pas loin de six mille, soit près de neuf mille kilomètres. Je comprends mieux maintenant pourquoi j’en avais marre sur la fin. J’avais projeté d’aller passer deux ou trois jours à La Nouvelle Orléans, pas très loin de Houston, mais la période du carnaval étant proche, les prix des chambres ont flambé, même dans les quelques AJ de la ville, m’interdisant toute folie de ce genre. Tant pis ! J’irai une prochaine fois.

Aujourd’hui, un Français vient d’arriver à l’auberge... à vélo. Il vient de New York, via Miami, et tente de rallier la côte ouest. (Je pensais justement ces derniers temps à ce Belge qui était parti des îles Canaries avec comme destination finale l’Inde qu’il voulait atteindre à bicyclettes.) Il me raconte quelques une de ses aventures, me montrant ce vieux casque de football américain qu’il a ramassé près d’une maison et qui est devenu pour lui un objet chargé de sens et d’histoire. Je crois que je peux le comprendre, mais je ne suis pas sûr que tout le monde pourra en faire de même : « Qu’est-ce que c’est que ce vieux casque tout abîmé que tu trimballes là ? » a-t-on dû lui demander plusieurs fois à son retour en France... Il est très content de son entreprise, car cela lui a permis d’approcher ce pays d’une manière bien particulière, et je suis assez admiratif devant cette façon d’avancer, lentement, sur la route, même si l’exploit sportif, que je ne pourrais certainement pas accomplir, ne m’excite guère ! Il est l’un des exemples de ces promeneurs que j’ai vus préparer des plats très appétissants à partir des ingrédients locaux. Heureusement qu’il était là pour confirmer que les Français sont d’excellents cuisiniers (après deux mois aux USA passé à manger du « local », j’en suis maintenant convaincu !)...

Samedi 22 janvier 2000

Je traîne dans l’auberge, je vis mes dernières heures dans cette maison si chaleureuse et si accueillante qui se remplit peu à peu : deux Suisses, puis une jeune Brésilienne terminant ses études de médecine et parlant très bien le français... J’achève les derniers préparatifs, achetant des pellicules en masse notamment (car, d’après mon guide (sic), les diapos sont quasiment introuvables dans cette partie du continent américain où je me dirige). Je fais une promenade à Hermann Park en compagnie d’un Australien (tiens, ça faisait longtemps que je n’en avais pas croisé, d’Australiens !).

Je passe la soirée avec quelques francophones, juste devant l’entrée de l’auberge sous le porche, pour que les accros de la nicotine puissent fumer : l’intérieur est... no smoking ! Assis autour d’une table, cet aréopage de grands voyageurs en culottes courtes partage quelques bières en parlant de ses futures journées, ou de ses souvenirs, dans ces diverses contrées plus ou moins lointaines vers lesquelles certains se dirigent et que d’autres ont déjà « exploré »...

Dimanche 23 janvier 2000

C’est demain ! Je vais me rendre à la bibliothèque dans la matinée pour m’apercevoir qu’elle n’ouvre qu’à deux heures, et j’y passerai de nouveau l’après-midi, regardant les prévisions météo pour Quito (aïe, des nuages et des averses !), contrôlant le taux de change dollar/sucres (stable), et prenant quelques nouvelles de la France qui se remet doucement des intempéries (je ne soupçonne toujours pas l’ampleur des dégâts qu’elles ont causés là-bas). Par contre, un coup de téléphone en Normandie m’apprend ce qui vient de se passer à Quito : une sorte de coup d’État a eu lieu récemment ! Des Indiens venant d’un peu partout se sont rassemblés pour manifester sur la place principale de la capitale, et le président a démissionné, enfin, peut-être l’y a-t-on un peu aidé. Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ça commence bien...

En tous les cas, je passe une excellente dernière soirée avec mes compagnons, et tout aurait été parfait si l’alarme incendie ne s’était déclenchée en plein milieu de mon sommeil, me réveillant la nuit où j’espérais bien dormir. Une agitation politique, une nuit mouvementée : un avant-goût de ce qui m’attend ?...

La nourriture dans les supermarchés américains...

Voilà la liste, fruit de plusieurs semaines de promenade dans le Sud-Ouest, de tous les ingrédients « suspects » que j’ai rencontrés et testés dans les supermarchés américains... Première constatation, tout – ou presque – est light ou fat free, c’est-à-dire, selon la terminologie française, « allégé » ou « sans matières grasses ». Le beurre, bien sûr, ou plutôt la margarine, car le vrai beurre coûte cher (le double en moyenne du prix pratiqué en France selon mes observations) ; les sodas, dont on peut trouver un grand nombre de bouteilles différentes à des prix qui font une concurrence déloyale à l’eau de source ou l’eau minérale ; la confiture ; les yaourts ; etc.

J’ai bien dû tester quatre ou cinq marques différentes de ces margarines, mais aucune ne m’a vraiment convaincu. La seule que je n’ai pas essayée, c’est celle vendue... en spray ! Et oui, du beurre en spray, ça existe... La confiture n’était pas non plus excellente, ce qui est assez surprenant car les fruits que j’ai mangés étaient, en général, très bons. Du beurre, de la confiture... pour le « petit déj », il ne manque plus que le pain de mie (il ne faut pas compter sur le vrai pain : pas plus fameux que leurs croissants !). Il en existe à tous les prix, mais les moins chers étaient trop friables pour supporter une bonne couche de beurre frais ou de peanuts butter. Avec quelques cents de plus, j’ai pu néanmoins obtenir un produit tout à fait comestible.

Ah ! Pour faire un croque-monsieur avec le pain de mie et du jambon ou des tranches de bacon, il me fallait du fromage. En tranches, tout ce que j’ai réussi à trouver à un prix raisonnable, c’était du process cheese, c’est-à-dire du fromage... industriel ! Au moins, ça a le mérite d’être clair, on sait ce qu’on achète et ce qu’on va manger. (Que les amateurs de roquefort et de camembert ne lisent pas ce qui suit.) Le pire peut-être, c’est que je ne l’ai pas trouvé si mauvais que ça...

Parfois (disons surtout au début), quand je n’avais pas l’envie ou les moyens de perdre trop de temps à me préparer à manger, j’achetais des plats tout prêts, à la Royco ou autre Maggy, des pots à yaourts à moitié remplis de poudre et de morceaux (des petits pois, de la viande. Miam...) dans lesquels il fallait verser de l’eau bouillante pour réhydrater les éléments. J’en ai vu au Fiesta proposés à environ un tiers de dollar pièce : pas cher mais... pas bon !

Et la boisson dans tout cela ? J’en ai déjà parlé : l’eau est souvent plus chère que le soda. Ou alors, il faut acheter des bidons (un gallon, environ 3,8 litres) : pas évident quand on reste un ou deux jours dans une AJ. La meilleure promo constatée pour les sodas, c’était deux litres d’une marque douteuse pour cinquante-neuf cents. Quant au lait, il n’est pas très bon marché mais on en trouve assez facilement. J’ai plutôt opté pour les sachets de milk chocolate, le chocolat en poudre obtenu à partir d’eau ou de lait chaud. Sinon, j’étais obligé de laisser une bouteille encore à moitié remplie, alors que je pouvais toujours emporter les sachets individuels. Seules les deux dernières semaines, installé plus confortablement et plus durablement, j’ai opté pour le lait en brique et le chocolat en poudre. Je n’ai pas testé le café, mais il paraît qu’il n’est pas fameux, et dans la plupart des chaînes de cafés (genre Starbucks), on le sert dans des grands gobelets. Pas étonnant dans ce pays où tout doit être plus grand...

Regard sur les États-Unis

Beaucoup de choses à dire sur ce sous-continent du continent America... Tout d’abord ce côté film, série télévisée, cette impression, ressentie dès le début, que j’étais plongé au cœur du petit écran ou projeté sur une toile de cinéma... Si je le répète, c’est qu’à nouveau, en y repensant et après avoir vécu quelque temps à Paris, je me dis que, non, décidément, ce qu’on voit dans les séries et les films français, à part les grands monuments, ça ne ressemble pas à ce que je vois tous les jours en France. Et si j’allais en Allemagne après avoir regardé tous les épisodes de Derrick et Schimansky (non ! pitié, pas ça...), je n’aurais certainement pas cette impression non plus. C’est peut-être dû en partie au fait que je baigne depuis ma plus tendre enfance dans ce milieu européen, et en particulier français. C’est surtout, pour moi, le signe que, d’une part les États-Unis possèdent un caractère propre et sont un pays vraiment dépaysant pour un Français (je n’ose plus dire pour un Européen depuis que je suis retourné à Londres récemment...), et que d’autre part ils ont pris une solide place dans ma tête au travers des documentaires, séries et films que j’ai pu voir (n’étant pourtant pas vraiment un téléphage accompli). Je pense que ce dernier point est également vrai pour la plupart des autres Français, mais là je n’ose pas affirmer. En tous les cas, pour de nombreux étrangers, le rêve américain existe encore...

Pour moi, ce rêve a failli tourner au cauchemar ! Au début, j’ai vraiment éprouvé un grand plaisir à me promener dans ce pays où tout semblait à portée de main, avec ces bibliothèques qui vous accueillent presque à bras ouverts et vous facilitent l'accès à Internet, ces gens qui ont l’air si gentils, ces systèmes performants utilisant le côté pratique des choses, ces bus agréables où les conducteurs sont sympas... Les trois ou quatre premières semaines avaient réussi à me faire passer ma première impression négative, celle de l’avion Paris-Houston. Un pays semblant toujours « en avance ». Je prends des précautions avec cette expression, car je sais que nombreux seront ceux pour qui des complexes cinématographiques géants ou les McDo et d’autres « avancées » du même genre ne sont pas des idées de génie, surtout qu’elles sont motivées, en général, par des raisons économiques. Cependant, force est de constater qu’on les retrouve en France quelques années plus tard, et qu’en ce sens, les États-Unis sont en avance sur nous. Allez ! Disons plus simplement qu’il y a un modèle et qu’il y a un copieur... Sans parler de cette ouverture sur les gens et sur les choses : le melting-pot est loin d’être achevé aux USA car de nombreux émigrants arrivent chaque année, qui ayant gagné une carte à la loterie, qui ayant obtenu un visa ou passé la frontière sans se faire attraper, comme beaucoup de Sud-Américains : presque tout est doublé en espagnol dans le Sud-Ouest. Les étrangers hispano-américains seront bientôt plus nombreux que les Américains « pur souche ».

Mais plus le temps passait, plus j’avais l’impression de pénétrer dans une grosse bulle. C’est ce que je retenais des États-Unis en les quittant : une bulle qui, vue de loin, est bien grande et bien belle, mais qu’il ne faut surtout pas franchir sous peine de voir le vrai visage de ses habitants. Une bulle, c’est creux à l’intérieur... Les Américains m’apparaissaient comme de véritables Mickeys, toujours le masque avec les grosses oreilles sur la tête, toujours souriants de l’extérieur, mais si j’avais le malheur de creuser un peu... ! Mon engouement pour les USA s’essoufflait au fur et à mesure que les semaines passaient.

J’ai rédigé ces lignes à l’imparfait, car il faut bien avouer que le sentiment de rejet que j’exprime fut exacerbé par les complications imprévues de cette promenade éprouvante et source de désagréments, que j’aurais peut-être évités en voyageant autrement. (Mais c’était sans doute le seul moyen de pénétrer le plus au cœur de la vie américaine en n’étant ni travailleur ni étudiant.) D’autant que je suis certain d’être loin d’avoir tout vu, tout éprouvé dans ce continent mythique, pays d’Elvis, du Grand Canyon et de la sauce barbecue. Un tas d’expériences enrichissantes pour mieux découvrir ce pays s’offrent au visiteur. Je n’ai pas « fait » les parcs naturels, splendeurs du monde sauvage ; je n’ai pas testé le drive away, un moyen de voyager presque gratuitement sur de longues distances (contre caution et après examen de quelques éléments vous concernant, une agence vous confie une voiture pour l’amener à son propriétaire situé à l’autre bout du pays) ; je n’ai pas vécu dans ces petites villes de campagne où le shérif local est aussi le maire, le pompier et le gérant du café ; etc.

Du reste, des gens superficiels, malpolis ou malhonnêtes, j’en ai déjà croisé des centaines et des centaines en France... Je suis loin d’en avoir vu assez dans ce pays pour prétendre émettre un jugement sans appel. À ce stade de mon expérience, je n’ai pas vraiment d’autre choix que lui accorder le bénéfice du doute si je ne veux pas tomber dans les travers que je reproche à ses habitants. Et plus encore, il me semble que, non, les Américains ne sont pas les grands Satan de l’occident ! En tous les cas pas ceux que j’ai rencontrés, pas la population « de base », ceux qui n’ont rien demandé à part de quoi vivre ou survivre. Et ils sont nombreux, les pauvres bougres dans ce cas, à chercher quelques miettes de l’énorme machine économique de leur pays, quelques gouttes du jus de ces « fruits de la croissance », complètement secs à force d’être pressés. Ils ne cherchent que leur bonheur, comme tout un chacun, quelquefois par des méthodes apparemment critiquables. Car toujours mesurées à l’aune de nos propres valeurs, peut-être ? Si le fait est que l’un des problèmes majeurs de la discorde avec les États-Unis est d’ordre économique (ah ! l’argent...), ne faut-il pas se rappeler que la tolérance, c’est aussi accepter qu’un autre se rende heureux par une méthode qui n’est pas la sienne ?



1 André Gide, Le Retour du Tchad.

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