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Dimanche 09 janvier 2000

Retour à la case départ, donc. Dans exactement deux semaines, je serai à la veille de m’envoler pour une nouvelle destination. Deux semaines que je vais mettre à profit pour m’organiser, préparer mon voyage et le circuit que je vais faire en Amérique du Sud, me reposer et, tout de même, visiter encore un peu cette ville dont je suis bien loin d’avoir fait le tour, contrairement à ce que je pense de prime abord.

Le réveil est assez lent. Après le petit déjeuner, je trie mes affaires : papiers, prospectus, cartes et plans, livres accumulés (le Livre de Mormon, le guide de voyage dont je n’ai plus beaucoup besoin...). Quelle joie d’alléger mon sac !

Cette auberge est vraiment la meilleure que j’ai habitée, tant du point de vue prix, le plus bas que j’ai payé en fait, que du point de vue « humain », où les rencontres sont facilitées par l’agencement du bâtiment qui n’est rien d’autre qu’une maison avec un hall d’entrée, un salon, une salle à manger, une cuisine et des chambres... Ainsi je discute dans la matinée avec un jeune Équatorien qui travaille dans la presse. Il me donne une image plutôt positive de son pays, et sa façon d’être me surprend. Je commence à imaginer une contrée qui n’est pas, mais alors vraiment pas, ce que je découvrirai bientôt. Je n’ai pas conscience qu’il fait partie de l’« élite », des « privilégiés » ayant pu faire des études et voyagé ! Je ne manque pas de lui faire part de la suite de mes projets : dans deux semaines, je serai dans sa capitale, Quito, mais apparemment, lui, c’est plutôt de New York qu’il rêve. L’American dream existe bel et bien encore, et reste fort...

Cet après-midi, je vais faire quelques courses au Fiesta, puis une promenade à Hermann Park où tout le monde semble s’être donné rendez-vous car il s’y trouve plus de gens qu’en semaine. C’est sans doute la sortie du week-end, avec les enfants, les amis, les vélos, les chiens. Surtout qu’il fait beau. Je ne peux m’empêcher de vouloir aller surfer sur Internet à la bibliothèque de la Rice University. Quelle horreur ! Elle est fermée et ne rouvre ses portes que mardi matin. Un nouveau pilier de ce qui faisait pour moi la puissance du service éducatif américain s’écroule.

Lundi 10 janvier 2000

Je ne vais pas rester tout de même trop inactif durant les deux dernières semaines qu’il me reste à passer à Houston. Un tour au visitor Center me permet d’obtenir des informations historiques sur la ville à partir desquelles j’élabore une visite minutieuse du centre que je programme pour les jours suivants. Pour le moment, je me promène dans les environs que je connais déjà : le magasin de photos où, une nouvelle fois, les marchands me proposent de racheter mes objectifs pour un peu moins qu’une bouchée de pain ; puis dans l’immense centre commercial situé non loin, la Galeria, qui comprend deux hôtels dont les clients peuvent vivre sans jamais mettre le nez dehors tant il y a de magasins et de services divers sur place... Puis je me dirige vers downtown, et je fais un passage obligé dans la bibliothèque municipale pour consulter Internet. Ce n’est qu’une fois revenu à l’auberge que je me rends compte avoir découvert de nombreuses choses très intéressantes que je n’avais pas remarquées lors de mon premier séjour. Peut-être les avais-je tout simplement oubliées, ce qui m’incite à penser qu’il faut noter le plus possible d’informations dans son journal pour être sûr d’avoir le maximum de détails après son voyage. C’est donc ce que je ferai, désormais...

Mardi 11 janvier 2000

J’ai emprunté un vélo à l’AJ et je file ce matin vers la bibliothèque de l’université, car le temps est brumeux et je n’ose pas m’aventurer en ville au cas où la pluie se mettrait à tomber. À l’intérieur du bâtiment, stupeur ! Je lis avec effroi cet horrible avertissement collé sur chaque ordinateur de la bibliothèque et qui dit en substance : les postes sont réservés aux membres de l’université. De nouveau tout ce beau monde s’écroule... Bon, il ne s’agit sans doute que d’un simple effet « pour faire peur » car, pendant encore deux semaines, je vais quasi quotidiennement utiliser ces ordinateurs sans jamais être inquiété. Mais cette interdiction m’étonne et me choque. Elle va à l’encontre de l’idée d’ouverture et d’accueil que je m’étais faite de ce genre d’endroit, à la fois totalement privé mais grand ouvert au public...

Un peu plus tard, le ciel dégagé m’invite à essayer de me rendre dans downtown à vélo. C’est assez délicat, pour dire vrai. Je n’ose pas rouler sur la chaussée et les trottoirs sont parfois complètement impraticables ! Je visite la plupart de la quinzaine de points repérés grâce aux documents remis la veille. Le Sam Houston Park est très charmant, très intéressant avec ses demeures du XIXème siècle maintenant classées « bâtiments historiques ». Il existe une importante société qui s’occupe de préserver et d’enrichir les connaissances sur la ville de Houston et sur son histoire. Au fait, pourquoi « Houston » ? Le général Sam Houston est un héros de la guerre d’indépendance du Texas. Avec une petite formation, il parvient à vaincre l’armée mexicaine environ six semaines après le massacre d’Alamo, lors de la bataille de San Jacinto, une autre ville du Texas non loin de là. C’était en 1836.

Mais le centre, ce sont surtout ces gratte-ciel que je repars escalader. Du haut de la Chase Tower, je prends quelques clichés, mais au sommet de la Wells Fargo, je dois me contenter de la vue. En effet, les photos sont interdites car le bâtiment situé en contrebas est une société travaillant dans le secteur de l’énergie qui n’aime pas qu’on la photographie, d’après ce que me dit l’agent chargé de la sécurité...

Le McDo du centre est rempli de mendiants, comme l’était celui de Los Angeles. À croire que c’est à force de manger des hamburgers que les gens sont devenus des clodos ! (Si la DHEA est l’hormone de l’élixir de jouvence, le Big Mac est peut-être celle de la dégénérescence brutale...) En tous les cas, ce rapprochement est symbolique : d’un côté le capitalisme à l’américaine, pur et dur produit de la croissance mondialiste combattue par certains Irréductibles Gaulois, et de l’autre les fruits de cette démarche poussée à son comble, les hommes qui ont subi l’implacable loi de l’économie au « marche ou crève » ! Cependant, je ne suis pas persuadé que la majorité des Américains verraient les choses de la même façon que moi. Question d’impression après ces quelques semaines passées dans leur pays...

Je vais chercher mon guide de voyage sur l’Amérique du Sud que je me suis fait expédier en poste restante depuis la France. Je vais pouvoir préparer sérieusement mon voyage. Le bureau de poste est attenant à un Federal Building, un bâtiment fédéral, et je rentre par la mauvaise porte, ce qui me vaut un passage sous un portique détecteur et mon sac aux rayons X. Et de cela, bien sûr, le chapitre sur Houston dans mon guide sur les États-Unis ne prévient pas...

Mercredi 12 janvier 2000

Je vais à l’université, puis je fais quelques courses pour pouvoir déjeuner. En plein milieu de l’après-midi, je pars vers l’ouest de la ville à vélo afin d’y chercher une vue intéressante sur downtown et prendre quelques photos. Je vais rester deux heures au même endroit, attendant que le soleil se couche et qu’il fasse nuit pour obtenir des clichés intéressants. Je verrai donc disparaître le soleil, s’installer l’obscurité et s’allumer peu à peu les gratte-ciel à mesure que la lumière décroît. Joli spectacle urbain. Un jogger s’arrête et fait une pause pour me questionner avec un sourire complice suggestif : juste un simple curieux sympathique ou bien un gay intéressé ?...

Jeudi 13 janvier 2000

Je passe bien sûr la matinée à la bibliothèque de l’université, où je profite d’Internet pour retranscrire tout mon journal sur les USA afin d’en avoir une copie au cas où je le perdrais. Après le déjeuner à l’auberge, je me dirige vers le Museum of fine Arts car on est jeudi et c’est le jour où la plupart des musées sont gratuits. À vrai dire, c’est pas mal de fumée pour pas grand chose. Plusieurs exhibitions ne sont pas ouvertes et à peine deux ou trois expos permanentes sont accessibles (quelques objets africains et asiatiques assez jolis), des photos (mais que font-elles dans un musée des arts fins ??), et c’est à peu près tout. Il y a autant de gardiens que de visiteurs, et en plus il fait froid dans le bâtiment ! Ensuite, j’enchaîne avec le Museum of Health and Medical Science (Musée de la santé et des sciences médicales), à moins de cinq minutes à vélo de l’auberge. C’est franchement plus rigolo, peut-être un peu trop tourné vers les enfants pour que je m’y épanouisse réellement, avec de nombreux jeux et des animations. Mais d’une manière générale, c’est bien fait et intéressant.

Vendredi 14 janvier 2000

Les matinées deviennent routinières. Je vais à la bibliothèque de la Rice University à vélo puis je reviens pour manger. La personne chargée de vérifier les allées et venues dans le hall de la Fondren library commence à me connaître. Je n’ai même plus besoin de présenter ma carte d’identité, j’inscris simplement mon nom en vitesse sur le cahier, nous nous saluons rapidement et elle ouvre le portillon...

Par contre, cet après-midi, je pars découvrir un quartier dans lequel je ne me suis jamais aventuré, situé au sud, assez loin de l’auberge et encore plus loin du centre-ville. J’enfourche ma bicyclette par cette belle journée ensoleillée et chaude (depuis que je suis revenu, je n’ai jamais eu de pluie, le temps est très clément et presque trop chaud pour moi à pareille époque !) pour me rendre d’abord à l’Astrodome. C’était le premier stade de ce genre aux États-Unis possédant un dôme le recouvrant entièrement. Étonnant, mais je ne me souviens pas que mon guide en parle : lacune ou choix rédactionnel ? Un évènement se prépare au-dehors où de nombreux camions remorques ont pris place. Je demande si je peux pénétrer à l’intérieur de l’édifice. J’ai l’agréable surprise de voir ma requête aboutir, et même d’être conduit dans les tribunes officielles, tout en haut des gradins qui peuvent accueillir de 55000 à plus de 62000 spectateurs suivant le terrain dont on a besoin, et d’où je domine l’ensemble de l’impressionnant édifice. Dans « l’arène », des pelleteuses, des bulldozers et des camions bennes, au format minuscule d’où je suis – des jouets ! –, sont en train d’aménager un parcours fait de bosses et de virages pour une course de voitures surpuissantes qui attendent pour l’instant à l’extérieur. À côté de l’Astrodome, outre une navette spatiale américaine de la NASA rappelant au visiteur trop distrait, si besoin était, que Houston est un important centre spatial, se trouve un bâtiment dédié au rodéo. Beaucoup de sculptures viennent orner les environs et ont pour thème ce sport cher aux cow-boys texans.

À mon retour, je passe par le Medical Center, un très grand centre médical, aussi bien par sa taille et sa superficie que par sa renommée, et comprenant notamment quelques très hauts buildings. J’aimerais bien monter au sommet de l’un d’eux, composé de deux très grandes tours jumelles (non ! celles-là sont siamoises...), mais c’est non, gentiment dit par le secrétaire de l’accueil à qui je demande. Enfin, je termine mon après-midi en passant par le bâtiment de musique de l’université où l’effervescence me pousse à m’arrêter quelques minutes. Il s’y prépare un concert ce soir. Ce n’est pas de la musique classique, mais je m’y serais bien rendu si le prix avait été un peu plus modique... J’aurais de nouveau pu remarquer, entre hier et cet après-midi, dans quatre lieux de différentes natures (musées, universités, centre médical et complexe sportif), cette manie qu’ont les Américains de dédier le moindre de leurs bâtiments, salles de spectacles, halls, parcs, etc., par des plaques commémoratives sur lesquelles figurent les noms des donateurs, souvent classés d’ailleurs par tranche d’argent offert...

Samedi 15 janvier 2000

La visite du musée des sciences naturelles de Houston est très intéressante, avec cette expo sur le pétrole (Texas oblige), et c’est toujours très ludique et interactif. Je parcours également très attentivement la partie sur l’Amérique précolombienne : j’y vais !

Dans l’après-midi, je me rends à la bibliothèque qui se trouve sur Montrose Street, une sorte d’annexe à celle de downtown et dans laquelle je peux également consulter Internet. Je pense que la moindre structure de ce genre, même très petite, est équipée de postes connectés au réseau. L'avance sur la France (ou le retard de cette dernière sur ce pays...) est flagrante. Je rentre en passant par le Fiesta pour faire quelques emplettes. Si j’ai pu varier un peu mes menus pour ne pas manger tous les jours un sandwich, un hamburger ou un repas chinois, j’en suis tout de même réduit, vu mes piètres talents, à des repas peu alléchants. Cependant, j’ai vu plusieurs fois des voyageurs de tous les pays se mitonner des petits plats qui me semblaient très appétissants, avec des ingrédients variés, ayant à leur disposition dans la cuisine tout le matériel rudimentaire nécessaire à la préparation de leurs délices. C’est dans ces moments que j’ai regretté de ne pas être un peu meilleur cuisinier.

Quoi ? Vous ne trouvez pas votre bonheur dans le supermarché ? Alors allez faire un tour dans l’une de la bonne douzaine de fast-foods implantés sur le territoire américain : McDo et Burger King, bien sûr, mais aussi Subway, Taco Bell, Wendy’s, Carl’s Jr, KFC’s, Jack In The Box, et j’en passe, et des meilleurs... J’ai testé presque tous ceux que je viens de citer. C’est bien, parce que ça dépanne comme je l’ai déjà expliqué, mais pour un prix équivalent, je conseillerais plutôt d’aller chercher un petit magasin pratiquant le take-away, c’est-à-dire la vente à emporter (on dit aussi : to go. On m’a souvent demandé : to go or for here ?...), pour faire un bon repas chinois ou autre. Bien entendu, pas tous les jours, mais de temps en temps, un bon morceau de poulet sauce caramel ou aux champignons accompagné de nouilles sautées, le tout à épicer plus ou moins selon sa bonne humeur, et vous êtes calés jusqu’au soir ! (Sinon, c’est que vous avez besoin en plus d’un bon muffin bien lourd...)

Dimanche 16 janvier 2000

Plusieurs personnes sont arrivées à l’auberge, dont quelques Japonais qui viennent passer trois mois pour apprendre l’anglais. J’apprends vite à distinguer un Japonais d’un autre asiatique, dans une cuisine ou une salle à manger, rien qu’au bruit qu’il émet : celui qui mange ses nouilles Rama toute la journée, y compris le matin au petit déjeuner et à trois heures de l’après-midi en guise de quatre heures, à même la casserole et en aspirant les pâtes et la sauce avec une non-distinction étonnante, alternant ce bruit avec un reniflement, celui-là est japonais ! (Je sais bien que ce n’est pas vrai...) J’accompagne un de ces nippons dans le quartier chinois de la ville car il aimerait acheter quelques ingrédients « bien de chez lui ». Le quartier est plutôt désert, mais nous n’avons pas de mal à trouver des magasins ouverts ce matin.

En revenant, nous nous arrêtons pour voir passer les compétiteurs d’une course à pied dont l’arrivée est le Convention Center (le Palais des Congrès en quelque sorte). Cela me permet de remarquer un panneau dans la rue sur lequel est écrit en grosses lettres capitales : « DOWNTOWN HOUSTON / LOWEST IN CRIME / HELP KEEP IT THAT WAY ! / DO NOT LEAVE POSSESSIONS IN YOUR VEHICULE », et en plus petit, en dessous : « REPORT ALL CRIME AND SUSPICIOUS ACTIVITY », suivi d’un numéro de téléphone... En gros, on explique donc que le centre-ville est peu touché par la délinquance, et on demande à la population d’aider à ce que cela continue ainsi, l’encourageant à ne pas laisser de biens dans sa voiture, et même à rapporter tout crime ou toute « activité suspecte » à la police... Cela ressemble tout à fait à une incitation à... la citoyenneté ou la délation ? Je ne sais quel terme employer, chacun verra suivant son idée. Reste à savoir si cela marche vraiment. Mais après tout, pourquoi pas ? Tout au long de mon séjour, j’ai remarqué le grand nombre de policiers présents dans les rues, les lieux officiels, les universités et les transports. Après une petite période d’acclimatation nécessaire, cela ne m’a jamais dérangé et a même contribué à me faire sentir parfois plus en sécurité. Il est vrai qu’en France, la présence policière (police et gendarmerie) n’est pas le point fort des forces de l’ordre. Ni la répression, trop légère et désordonnée. Il est consternant de voir que l’on peut parcourir la moitié du pays à vingt ou trente kilomètres par heure au-dessus de la vitesse autorisée sur autoroute sans jamais être inquiété... À en croire les principaux inconscients, qui n’hésitent pas à foncer par tout temps, ce n’est pas dangereux. Et ça ne l’est pas, c’est vrai, jusqu’à ce qu’un accident impliquant deux ou quinze véhicules fassent cinq morts en quelques secondes. Ça arrive ! Les Français sont incapables de respecter la moindre règle, la moindre loi : port de la ceinture, limitation de vitesse, signalisation, dépassements, etc. Il est malheureux d’émettre l’hypothèse que seul un contrôle strict, avec une présence sur le terrain renforcée et une politique « tolérance zéro » à l’anglo-américaine (car les Anglais aussi sont très à cheval sur ces questions), pourrait peut-être améliorer cela. Encore faudrait-il s’en donner les moyens...

L’après-midi, je le passe bien entendu à la bibliothèque de l’université... Dans la soirée, je rencontre Sylvie, d’origine belge, approchant la quarantaine, et qui vit aux États-Unis depuis quatre ans grâce à une green card gagnée à la loterie, le tirage au sort organisé chaque année par le gouvernement américain afin d’attribuer la fameuse « carte verte », le visa sésame pour vivre aux États-Unis et s’y installer sans limitation de temps. Elle travaille pour une agence de voyages comme guide, principalement, mettant à profit sa connaissance des deux langues qu’elle maîtrise. Elle voyage dans un camping-car aménagé, mais ces derniers temps, elle est un peu inquiète car elle redoute qu’il tombe en panne et se déplace en faisant des petits sauts en s’arrêtant de temps à autre dans des auberges de jeunesse. Elle ne semble pas trop regretter l’Europe, et a l’air de se plaire ici, même si parfois, une certaine lassitude la prend...


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