II. ETATS-UNIS : L'ETUDE SOCIOLOGIQUE

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Prologue

Ça y est ! Je repars, après une trop longue pause de presque un mois. Quelle excitation pour ce nouveau voyage : je vais traverser l’Atlantique et découvrir les Amériques. Premier arrêt : les États-Unis. J’ai longuement hésité en prenant mon billet dont le but avoué est le Sud du continent : combien de temps séjourner aux USA ? Au maximum, je pouvais faire un stop (comme on dit dans le jargon du transport aérien) de trois mois. Mais j’avais peur que cela soit trop long et que le coût entraîné par le niveau de vie élevé de ce pays pèse bien lourd dans mon budget. D’un autre côté, trois ou quatre semaines c’est si court... Alors j’ai tranché : j’y resterai deux mois !

Je crois nécessaire d’alerter tout candidat à un voyage vers cette destination sur deux points essentiels. D’abord, il ne faut pas aborder les USA comme un pays mais plutôt comme un véritable continent. D’ailleurs le nom parle de lui-même : états, unis. Pour vous en convaincre, prenez une carte et jetez un coup d’œil sur le Texas. Vous êtes en train de regarder le plus grand (plus étendu que la France du point de vue de la superficie) des cinquante États qui composent ce « pays » grand comme dix-sept fois l’Hexagone (un peu moins si l’on oublie l’Alaska). Repérez Dallas, repérez San Antonio. Plus de quatre cents kilomètres séparent ces deux villes, soit presque la distance entre Paris et Lyon...

Mais il ne s’agit pas que de distances. La couleur locale change d’un coin à un autre. On dit qu’il y a treize accents différents là-bas. C’est vrai qu’en France, aussi, on peut rencontrer des difficultés à comprendre les habitants de certaines contrées métropolitaines reculées... Il y a aussi des lois, des attitudes (songez à la guerre de Sécession) et des rythmes de vie différents. Sans oublier ces zones d’immigration ciblée (hispanophones dans le Sud-Ouest, antillais en Floride, etc.) qui prolongent le melting pot original : qu’est-ce qu’un Américain pur souche ? Tout cela tend à faire apparaître les États-Unis non pas comme un État homogène, mais comme un ensemble de petits pays regroupés sous la bannière étoilée.

Cependant, il ne faut pas non plus tomber dans l’excès. Ces aspects multi-ethniques et poly-culturels ne sont pas propres aux États-Unis. On les rencontre dans tous les coins du monde, mais ils prennent là-bas des proportions énormes. Politiquement et économiquement, les États ne sont qu’un : la monnaie est la même, le président et le gouvernement fédéral aussi, et l’on rencontre dans tout le pays des restaurants de cette chaîne qui n’est toujours pas parvenue à s’implanter à Millau depuis la fin de mon premier voyage... Enfin, il y a ce liant invisible mais en apparence puissant et qu’on ne soupçonne pas forcément (je n’ai pas eu l’occasion de l’observer en détail – heureusement oserai-je écrire ! – car il s’est réveillé à la suite des « récents évènements » du 11 septembre) : la fierté d’appartenir à ce grand pays qu’est l’« Amérique ».

Le deuxième avertissement que j’aurais envie de donner concerne le dépaysement : oui, les États-Unis, ça dépayse ! Ça a beau ressembler beaucoup à des choses vues en France, avoir le goût du Hamburger importé, ça n’est pas comme en France. La différence est tout à la fois physique et psychologique (disons plutôt : comportementale...). Physique d’abord, car, mise à part l’abondance de très jolies filles, tout ce que j’ai vu dans les films et les séries américaines s’est avéré : les grosses voitures, les bus jaunes, les larges rues, les gratte-ciel, les chapeaux de cow-boys au Texas, j’en passe, et des meilleurs. Un simple détail ? C’est aussi ce que j’aurais dit avant mon séjour... Comportementale également, que ce soit en ce qui concerne la nourriture, la relation avec autrui ou le rapport à la loi. Mais entrons donc dans le vif du sujet...

carte voyage USA

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