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Les transports

"Il est pas cher, mon voyage ! Il est pas cher ! ..."

Le moyen le plus économique de voyager, dans la plupart des pays, c'est le bus. Certes, ce n'est ni le plus rapide ni le plus confortable (quoique !). Pas le plus rapide, cela est certain sur les longues distances, mais pour les petits trajets on n'a pas toujours le choix (à part le taxi : gare au tarif...). J'ai pris le bus sur les trois continents dans lesquels j'ai promené mon sac à dos. En Europe, avec la célèbre compagnie Eurolines ; aux États-Unis, avec la célèbre compagnie Greyhound ; au Maroc, avec la célèbre compagnie CTM (Compagnie de Transport Marocaine). Et également en Amérique du Sud, avec la célèbre compagnie... Quelle célèbre compagnie en Amérique du Sud ?... Et en Amérique du Sud, disais-je, avec une ribambelle de compagnies plus ou moins grandes (petites ?) dont je n'ai pas retenu le nom. Eh bien, c'est chez les descendants des Incas que, du point de vue du confort, j'ai le mieux apprécié cette façon de voyager !

Le prix varie en général suivant la distance, mais également suivant la fréquence. Des exemples de prix ? L'Europe et la compagnie citée ne s'en sortent pas très honorablement, ce que je regrette un peu vu le battage fait autour de ses bus (notamment pour le confort) par la publicité et les guides de voyage. J'ai dû débourser plus de quarante-cinq euros pour me rendre de Tarragone en Espagne à Tanger au Maroc (traversée du Détroit de Gibraltar comprise, une vingtaine d'heures), alors qu'au retour, avec une autre société spécialisée, j'ai payé à peine plus cher (soixante euros environ) pour le retour de Casablanca à Paris (traversée comprise, presque deux jours) ! Même constat pour Greyhound en ce qui concerne le confort : il est, pour moi, inexistant. Au niveau des tarifs, j'ai payé chaque voyage au prix fort (bien qu'il soit possible de prendre un pass pour plusieurs semaines). Le trajet Houston-Las Vegas-Los Angeles-San Francisco-Salt Lake City-Denver-Austin-San Antonio-Houston, plus de huit mille kilomètres, m'a coûté presque quatre cent dollars (environ autant en euros). En Amérique du Sud, il est préférable de mesurer les distances en heures de voyage, même si cela rend la comparaison plus difficile. De toute façon, en un an, beaucoup de choses peuvent changer. Il suffit que le cours de la monnaie chute brutalement pour que le voyageur désargenté voie son capital exploser. Ainsi en Équateur, au moment où je me suis promené, le billet de trolley dans la capitale coûtait un dixième de dollar (quand au même moment, un ticket de métro de la RATP valait dix fois plus), et un trajet en bus de trois bonnes heures s'achetait un dollar... Attention, il ne faut pas croire que l'on profite, " juste parce que ce n'est pas cher ". Quand j'ai payé quarante centimes d'Euro pour aller poser un pied de chaque côté de l'équateur dans le pays du même nom, le bus que j'ai pris ne s'est pas arrêté pour que je monte. J'avais encore une jambe qui virevoltait au-dehors lorsqu'il a redémarré. Ensuite je me suis assis où j'ai trouvé de la place : sur le plancher au-dessus du moteur derrière le siège du conducteur... Je reviendrai plus tard sur ce lien économique entre le pseudo-riche occidental et le vrai-pauvre tiers-mondiste qui existe dès qu'un " occidental " quitte son pays pour un autre plus pauvre. Il me semble, en effet, qu'il y a beaucoup à dire et il est nécessaire de débroussailler un peu ce terrain épineux, dans la mesure où la première image qui me vient à l'esprit quand je relis certaines lignes est celle du profiteur, dans le sens de : personne qui profite aux dépens des autres.

Peut-être faut-il préciser que les prix bas sont aussi le fait d'une concurrence très sévère qu'il ne faut pas hésiter à faire marcher. À peine arrivé dans certaines gares routières que l'on vous presse : "Cuzco ? Cuzco ? Marrakech ? Marrakech ?"... Cela en devient lassant à la fin, mais c'est ainsi que le commerce fonctionne. Revers de la médaille : la fiabilité de certaines compagnies, aussi bien en terme d'horaires que de sécurité. Une course de bus sur une route (une piste...) sinueuse des Andes, c'est excitant (et ça fait rire les chauffeurs...) mais après coup on se demande si l'on a bien fait de choisir cette compagnie. Le Klaxon et les appels de phares font partie des outils de tout bon conducteur d'autocars marocain. À croire qu'il y a des épreuves spécialement dédiées lors de l'examen du permis de conduire. Toutefois, les Fangio du bus sont moins nombreux que je ne veux le laisser croire, et je n'ai jamais eu ni entendu parlé de problèmes.

Le train, quand il existe, est en général moins bon marché. Aux États-Unis par exemple, le réseau est très développé sur la côte est et dans le Sud-Est, mais parcourir certains trajets dans le centre revient parfois à faire un détour de plusieurs centaines de kilomètres parce qu'il n'y a pas de ligne directe. Le prix n'est alors plus très compétitif et mieux vaut préférer l'avion si l'on a les moyens, le bus sinon. Le rail est parfois présenté comme un attrait touristique, comme en Équateur. Il arrive aussi que ce soit le moyen d'accès le plus courant à un site. À moins d'avoir vraiment des sous à dépenser et utiliser un hélicoptère (c'est possible), vous emprunterez le chemin de fer pour aller visiter le Machu-Picchu. Vous aurez alors le choix : un trajet tout confort à dix dollars, ou un trajet avec la population locale pour vraiment moins cher (et pas nécessairement plus dangereux, quoi qu'affirment certains guides de voyages paranoïaques...).

Des rencontres haut en couleur

Le bus, plus que le train, est un microcosme formidable dans lequel vous pouvez observer les gens individuellement ou les attitudes de groupe, et recueillir des d'éléments-clés pour les comprendre. Par exemple, aux USA, tous les arrêts des Greyhound aux heures des repas se font près d'un McDonald's. Et si l'on s'arrête dans une station-service, vous verrez les enfants (mêmes les plus jeunes) réclamer un coca et y avoir droit, ou que certains n'hésitent pas à casser la croûte en plein après-midi. Bref, vous voyez de vos propres yeux les bonnes habitudes alimentaires de ces gens et comprenez sans difficulté une part de l'origine des problèmes d'obésité auxquels le pays est confronté...

Bon, il y a plus drôle à voir dans les bus. On y rencontre des personnages truculents, on y fait des rencontres surprenantes. Comme mon voisin lors du trajet Marrakech-Agadir, un gamin de dix ou onze ans à peine qui vomit en plein milieu du voyage... Dans le même genre, en tout aussi odorant, je me souviens de cet Équatorien saoul qui n'avait pas trouvé mieux que de vouloir me parler pendant deux bonnes heures. Pouah ! Quelle haleine ! Et puis c'est sympa le bus, on voyage avec les animaux : le toutou, le chaton ou les poules. Drôle d'effet quand, bien installé dans votre siège, vous voyez une dame assez forte avancer vers vous avec des sacs d'où sortent des : " Côt ! côt ! côt ! côt ! côdet ! "

Eloge d'une certaine lenteur

Le bus ou le train, ce n'est pas le plus rapide pour avancer. Ah oui ! quand je fais référence au train, il faut oublier le TGV Méditerranée qui traverse le pays en trois ou quatre heures. C'est plutôt la vieille loco qui atteind péniblement ses cent à l'heure. Mais quel que soit le moyen de transport, on peut "prendre des paysages plein la vue", alors qu'avec l'avion...

Et puis c'est aussi le côté initiatique du voyage : on obtient à la mesure de ce que l'on a enduré, patienté. Traverser la moitié du désert pour se rendre dans un site aussi fameux que celui de Nazca, ça perd un peu de son sens si l'on y va en avion en trois quarts d'heure. Bon, il ne s'agit pas de le faire à pied (certains me répondront que si), car dans ce cas il faut avoir, en plus du temps, une très bonne condition physique...

Quelques trucs pour mieux voyager (si ça marche, écrivez-moi !)

En bus, j'ai toujours essayé de conserver mon sac à dos le plus près possible. Dans les pays occidentaux où les règlements sont plus rigides, le sac de voyage, trop volumineux pour être considéré comme un bagage à main, doit impérativement être placé dans la soute. Ce n'est pas gênant vu que les vols sont très rares, mais attention alors à ne rien oublier car il peut être difficile d'y accéder avant la fin du voyage. Par contre, dans les pays où les règlements sont plus souples, on peut toujours s'arranger, surtout si le bus n'est pas trop chargé (rare), et qu'il y a de la concurrence (plus fréquent). J'ai rencontré un Francophone qui s'était fait voler son sac alors qu'il l'avait placé au-dessus de lui dans les paniers. Lors de la cohue à la sortie, quelqu'un avait réussi à faucher le bagage sans qu'il s'en aperçoive... Toujours jeter un coup d'œil à ses affaires lors des arrêts, ou bien les garder à ses pieds s'il s'agit d'un petit sac à dos peu encombrant, en enfilant les bretelles autour de ses jambes. On peut alors y placer son portefeuille, des papiers, etc. en toute sécurité (même si tout est relatif...). Je gardais notamment dans le mien ce qui valait le plus cher ou était important : outre mes papiers, s'y trouvaient mon appareil photo et une paire de lunettes de rechange pour parer à un éventuel problème de lentilles de contact (pas incompatibles avec le voyage, au passage).

Pour ne pas avoir de problème avec l'obligation de placer son sac en soute, le mieux est de pouvoir le prendre avec soi, et donc de faire en sorte qu'il soit le plus petit possible. On retrouve là un argument supplémentaire en faveur d'un sac le plus léger et le moins encombrant possible. À tout le moins, le prévoir assez long et plat, car il n'y a rien de plus agaçant que de devoir le garder entre les genoux pendant plusieurs heures parce que l'on n'a pas pu le glisser dans les casiers au-dessus des sièges...

Pour un voyage de plus de six ou sept heures, notamment lorsque l'on doit passer la nuit dans le bus ou le train, il peut être utile de se munir de quelques accessoires pour dormir. Entre autres : un oreiller et une couverture. En ce qui concerne le premier, on peut utiliser un coussin gonflable "normal" recouvert d'un pull pour le rendre un peu plus moelleux. À la rigueur, on peut rouler en boule un vêtement épais et le coincer sur son épaule pour y appuyer sa tête. Le plus important est que le support soit bien stable. Il reste une solution que je n'ai pas utilisée car je n'en ai pas encore découvert de pliable dans les boutiques, c'est le véritable oreiller de lit. J'ai vu une anglo-saxonne avec le sien dans un bus entre Denver et Austin : ça m'a fait énormément envie (l'oreiller !). Quant à la couverture, on peut soit doubler ou tripler la couche de vêtement - ce qui suppose que l'on a trois épaisseurs dans son sac (...) - ou bien on peut carrément déplier son sac de couchage. Je n'ai pas hésité un seul instant dans les Andes, durant les nuits un peu fraîches. Certains utilisent des boules Quiès et un masque pour la lumière. Sans opinion, c'est une question personnelle. Pour le masque, inutile d'en acheter si vous prenez l'avion : généralement on en fournit dans les vols long-courriers.


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