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Dimanche 23 décembre 2018

Et dernier jour indien de ces promenades ! J'ai décidé de passer au musée en espérant qu'ils voudront bien garder mon sac. Sinon tant pis, je passerai le temps autrement. J'ai de la chance car l'accueil dispose d'une consigne où je peux laisser ma valise (gratuitement qui plus est). Je passerai trois heures dans cet intéressant trois-musées-en-un, m'arrêtant devant chaque sculpture (pierre, bois, bronze), mais passant rapidement les autres parties, ayant déjà vu mieux ailleurs (je ne dois plus être loin de mon centième musée...). Le lieu est fréquenté par des groupes scolaires (un dimanche ?), quelques très rares touristes européens et des familles qui profitent du site pour pique-niquer. Dans un des bâtiments, j'ai droit à une demande de selfie, ou plutôt j'ai une obligation de selfie ! C'est à peine si l'on me demande mon avis. Ici encore, je me demande qui est l'antiquité qu'on vient regarder...

Dans la partie consacrée à l'histoire naturelle, une planche attire mon attention. On y voit un dessin du nez des trois groupes humains ethnologiques (mongoloïdes, caucasiens, négroïdes). Et ô surprise ! cette fulgurance qui m'a saisi dans le temple de Tiruvanamalai trouve ici une explication imagée : le nez des Indiens (qui appartiennent au premier groupe je pense) est représenté comme étant le plus "équilibré", ni trop grand, ni trop petit, ni trop fin, ni trop gros. Je n'ai cessé depuis Tiruvanamalai d'observer à la dérobée le nez de l'Indienne pour constater et confirmer définitivement cette première impression : il est le plus beau et le plus parfait que j'ai rencontré ! Le nez de Monsieur n'a pas la finesse de celui de Madame : plus aplati, plus "asiatique du nord", plus proche du nez africain, bref rien à voir. Plus que de l'Indienne elle-même, je suis tombé amoureux du nez de l'Indienne. C'est comme ça...

Il faut avoir du nez pour comprendre cette histoire... Une sculpture parmi tant d'autres dans le musée. J'ai choisi celle-ci pour montrer encore que les Indiens des temps jadis n'avaient pas peur des formes de la femme

À la sortie du musée, une petite altercation oppose des conducteurs de tchouck-tchouck. C'est la troisième fois en trois semaines que je suis témoin (plus auditif qu'occulaire) d'une scène pareille. J'ai du mal à évaluer quantitativement si c'est peu ou beaucoup... Je me dirige maintenant vers les centres commerciaux pour acheter deux ou trois bricoles en souvenir. L'un d'eux, le seul que je verrai dans ce pays, ressemble à ceux que nous connaissons et qui ont été importés des États Unis et généralisés au début des années 2 000. Il est flambant neuf et l'intérieur sent bon comme à l'approche d'un Sephora... J'y croise toute une faune locale qui vient en famille, entre amis, entre bandes de jeunes. C'est la sortie dominicale en quelque sorte. La société de consommation va faire des ravages ! Toutes les marques occidentales sont représentées, de United Colors of Benetton à H.M. en passant par les incontournables parfumeries. Bref, rien de palpitant pour moi, si ce n'est un avant-goût du retour progressif à la vie ("civilisée" ?). D'ailleurs j'en profite pour vérifier ma théorie des fast-foods au pays du curry : dans la chaîne où je m'attable, le hamburger est épicé jusqu'à la feuille de laitue, et le bœuf remplacé par du poulet...

Le centre commercial. Un petit shoot de culture occidentale (pas forcément la meilleure !) avant le retour...

Je vais encore fureter un peu dans ces rues, déambuler à droite et à gauche avant de me mettre en chemin vers la station de métro où je suis certain de pouvoir attraper une rame pour l'aéroport. En prolongeant d'une station encore car le temps est calme, je ne suis pas trop sollicité en marchant à contre-sens sur la chaussée, et j'ai du temps... Une fois dans le métro, l'aéroport arrive doucement mais sûrement, je suis dans le hall vers 19 h 30. Je suis étonné que tout se passe si bien. Apparemment, j'ai le droit de rentrer sans trop d'encombres. La seule petite ombre au tableau, ce sera un retard au décollage de deux heures. Mais ces dernières heures indiennes passeront extrêmement vite, comme si le temps avait été comprimé, ou comme si le décalage horaire avait commencé, à rebours... Encore quelques roupies en poche, j'achète à manger, même si je n'ai pas très faim. La salle d'embarquement de ce terminal, qui a l'air plutôt récent, contient des reproductions ou des œuvres d'artisans contemporains de toute beauté ! Pour prolonger le voyage jusqu'au bout avec ce que l'Inde peut offrir de plus ennivrant...

Le métro, tout neuf, tout propre, tout vide...

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