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Jeudi 20 décembre 2018

Je commence par la visite du site qui se trouve derrière l'hôtel au bord de la plage. Le ticket d'entrée, qui donne accès à l'autre site, bénéficie bien sûr d'une ristourne spéciale touriste (grosso modo, 600 Rs au lieu de 10...). Pour le seul site du Shore Temple, c'est beaucoup trop, surtout s'il faut payer un guide le double pour avoir des explications. Heureusement, l'autre site que je visisterai dans la foulée avec le même billet fait oublier cette différence de traitement en faveur du touriste... Avant de m'y rendre, je fais le tour en longeant le temple par l'extérieur sur des rochers qui plongent dans la mer. Il s'y trouve un petit temple creusé dans un immense rocher en granit que ne signale aucun guide. Ce qui est intéressant aussi à observer, c'est la population locale qui vient profiter de la plage, de l'autre côté de l'endroit où je me suis fait importuné. On s'amuse dans l'eau, on se baigne en sari, loin du topless en vigueur sous nos latitudes...

Le Shore Temple Sur la plage de Mahabalipuram, côté ville... ... et de l'autre côté
Panoramique depuis les rochers bordant le site du temple. Dans le gros bloc le plus à droite près de la plage, on distingue un temple creusé dans la roche...

En regagnant la ville, je tombe sur un complexe hôtelier composé de plusieurs bâtiments, comme des bungalows, disséminés à 50 m de la plage que je viens de quitter et construits autour d'une piscine à sec. Un lieu déserté comme en rencontrent les survivants après une catastrophe apocalyptique dans les films... Je déambule quelques minutes dans les lieux en me demandant les raisons de cet abandon. Je repense au tsunami de 2004 et au cimetière de statues... Je trouve enfin une sortie et je croise un homme en train de balayer l'entrée. Scène un peu irréelle, j'imagine cet individu être un ancien employé qui ne peut se résoudre à quitter les lieux après l'abandon du site...

Je me rends ensuite sur le site impressionnant des "Five Rathas" (les Cinq Charriots). Cinq énormes rochers hauts, longs et larges de plusieurs mètres ont été sculptés pour former une procession de cinq "charriots". Je n'ose imaginer, depuis que je vois ce genre de construction, les efforts qu'il a fallu déployer. C'est à peine croyable... Pour me guider je n'ai que les maigres explications de deux guides de voyages, soit quelques dizaines de lignes qui décrivent brièvement les lieux. Au final, je ne peux pas comprendre en détail tout ce que recèle le site, mais pour moi ce n'est pas l'essentiel. Je pourrai toujours faire ce travail académique plus tard si le besoin s'en faisait ressentir. Il y a toujours plein de gens pour décortiquer, pour fouiller en détail, mais ce qui manque souvent, c'est une vision d'ensemble qu'on ne peut avoir qu'en regardant de haut. Les visionnaires et les génies de toutes sortes ont pour beaucoup eu ce mouvement d'embrasser la totalité plutôt que de s'enfoncer dans l'infiniment petit. En tout cas, il me semble que c'est une bonne chose en général que de chercher à prendre de la hauteur (c'est d'ailleurs pour cela que j'irai escalader un rocher surplombant le site à l'arrière...). Cela me rappelle Che Guevara, expliquant dans ses souvenirs d'un voyage en Amérique du Sud avec un ami, qu'il n'avait fait que survoler les pays à moto, sans rien regretter car il n'était pas là, à ce moment, pour voir la profondeur des choses mais rester à la surface. Je reste plus que jamais en accord avec cette approche...

4 "charriots" vus de l'arrière du site Un des charriots, entièrement sculpté d'un seul tenant dans le même bloc ! Le dernier charriot, et un énorme éléphant sculpté, l'une des plus belles représentations de ce type

L'après-midi commence à peine, alors plutôt que revenir directement, je poursuis la route vers le sud. Je tombe sur un groupe de bâtiments un peu à l'écart de la ville où l'on trouve aussi bien des musées que des magasins et des salles de jeux pour les enfants (d'après ce que je comprends). Le thème des musées est original : la mer, alors je prends un ticket. Et puis ça aidera à faire passer le temps... Je visite ainsi deux musées très intéressants (plus un troisième qui est plus un "zoo pour poissons" qu'un musée) : le musée des coquillages, l'un des plus complets au monde, puis celui de la perle. Des milliers de pièces de toutes tailles, formes et couleurs sont exposées, avec beaucoup d'explications. Je ne regrette pas mon arrêt et les quelques roupies dépensées. Une petite "buvette" ne propose que des chips ou du sucré. Je grignotte, encore une fois je vais me passer du repas du midi. Mais je ne suis pas affamé. Je m'hydrate bien, c'est le principal...

Je reviens tout doucement vers le centre-ville, entre sollicitations incessantes et demandes de selfies ou de photos (à quand les autographes ?) ici ou là. Après un bref retour à l'hôtel, je ressors en début de soirée pour aller manger un morceau. Je m'enfonce encore un peu plus dans cette partie de la ville qui n'est pas concernée par le tourisme. J'y retrouve une rue plus animée où trottoir et chaussée fusionnent, j'y suis plus "incognito" et les sollicitations n'ont plus cours. C'est reposant au final, la densité, le bruit et la pollution ! Je m'arrête à l'office du tourisme pour demander des informations sur le bus qui me conduira demain à Chennai, destination finale de cette promenade. Non seulement les informations sont difficiles à obtenir parce que les (nombreux) employés ne semblent pas très au courant, mais en plus ils parviennent à me vendre pour 10 Rs un plan d'une ville où je ne suis pas encore ! J'accepte juste pour pouvoir m'échapper plus rapidement...


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